Genesis, by Francis Carsac

Genesis
By Francis Carsac
Translated from French by A.Z. Foreman

The ship circled the planet for the seventh time: vast desolate expanses, tremendously stirless mountains, empty plains. A lifeless and absolutely sterile world, it seemed, much like its only moon which had already been visited. There remained the seas.

The ship landed, and the exploratory pod disappeared into the surge of indefatigable waves licking the beach's pale sand. A few hours later, the captain recorded the sensor reports: no trace of life, however small, could be detected in the wind-churned mass of liquid. The ocean nonetheless contained — in appreciable quantity — complex carbon compounds actinically synthesized under the young sun's rays.

The astronaut recorded in his log: "Star Z-221 — 44-767. Planet 3. Sterile. After spectroscopic examination of the sun it is safe to conclude for certain that the stage where life might have arisen has already passed. Other planets in the system are either too far or too near the sun. Average mineral wealth. System of no interest. Not to be revisited."

He carefully emphasized the final words.

"Great Thyophan," he sighed "those bumptious morons on the General Galactic Committee should understand once and for all that no expedition has ever once encountered life this far from the center! There must be something these stars at the periphery just don't have. Meanwhile the Exploration Service is sending poor guys like us out for months and years to do the work of biologists!"

On the beach, something seemed to be moving in the surf. Could the auto-analyzer have been mistaken? He stepped out to check, without his suit —which would be useless in this nontoxic atmosphere — with a simple respirator on his face. Sterile air, at any rate. Absolutely sterile. He took a few steps onto the beach, thinking: these will be the first and the last footprints ever to mark this sand. All that was floating in the spume was a mucus of organic compounds in which the detector could not, even at close range, discern any sign of life. Then, his mind now at ease and full of contempt, he spat into the sea.


Genèse

Pour la septième fois, l’astronef fit le tour de la planète : de vastes étendues désolées, des chaînes de montagnes formidablement immobiles, des plaines vides. Un monde sans vie, absolument stérile, semblait-il, comme son unique satellite, déjà visité. Restaient les mers.

L’astronef se posa, et, dans le déferlement inlassable des vagues qui léchaient le sable pâle de la plage disparut la torpille d’exploration. Quelques heures plus tard, le chef de bord enregistra le rapport des appareils : pas la moindre trace de vie n’avait pu être décelée, si infime soit-elle, dans cette masse liquide qu’agitait le vent. Cet océan contenait pourtant, et en quantité appréciable, des composés carbonés complexes, synthétisés par l’action actinique des rayons du jeune soleil.

Au journal de bord, l’astronaute consigna : « Étoile Z-221 – 44-767. Planète III. Stérile. L’examen du spectre de son soleil permet de conclure avec certitude que le stade où la vie aurait pu apparaître est déjà dépassé. Quant aux autres planètes, elles sont ou trop loin ou trop près du soleil. Richesses minérales moyennes. Système sans intérêt. À ne pas revisiter. »

Soigneusement, il souligna les derniers mots.

« Grand Thyophan, soupira-t-il. Ces imbéciles prétentieux du Comité Central Galactique devraient bien finir par comprendre que jamais aucune expédition n’a rencontré de vie si loin du Centre ! Il doit manquer quelque chose à ces soleils de la Périphérie. Et nous, pauvres bougres du Service d’Exploration, on nous expédie au loin pendant des mois et des années, pour faire le travail des biologistes ! »

Sur la grève, quelque chose sembla bouger, dans le ressac. L’analyseur automatique se serait-il trompé ? Il sortit pour vérifier, sans scaphandre, inutile dans cette atmosphère non toxique, un simple respirateur sur le haut de la face. Un air stérile, en tous cas. Absolument stérile. Il fit quelques pas sur la plage, pensant : les premiers et les derniers qui se marqueront jamais dans ce sable. Dans l’écume flottait seulement une glaire de composés organiques dans laquelle le détecteur ne put, à bout portant, déceler trace de vie. Alors, la conscience tranquille et plein de mépris, il cracha dans la mer.

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